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Chat qui a la diarrhée : causes et conduite à tenir

Famille Chat · carte 8/11
Portrait d'Antoine SelgarPar Antoine Selgar
Mis à jour le 13 septembre 2026 · 9 min de lecture

Un chat adulte émet généralement 1 à 2 selles moulées par jour : un changement brutal de consistance, de fréquence ou de couleur mérite donc une surveillance attentive. Une diarrhée isolée reste souvent bénigne, mais certaines situations imposent une consultation dans les 12 à 24 heures.

Pourquoi mon chat a la diarrhée et faut-il s’inquiéter ?

Si vous vous demandez pourquoi mon chat a la diarrhée, la cause la plus fréquente est un trouble digestif transitoire : changement d’alimentation, repas inhabituel, stress ou parasites intestinaux. La diarrhée correspond à des selles molles à liquides, parfois plus nombreuses, plus volumineuses ou émises hors de la litière.

Chez un chat adulte qui mange, boit, reste actif et n’a présenté qu’une ou deux selles molles, une surveillance de 24 heures est généralement raisonnable. En revanche, une diarrhée associée à des vomissements, du sang, une perte d’appétit, une douleur ou un abattement nécessite un avis vétérinaire plus rapide.

La diarrhée n’est pas une maladie en elle-même. C’est le signe d’une irritation de l’intestin grêle, du côlon ou des deux. Une atteinte du côlon donne souvent de petites quantités de selles fréquentes, avec des glaires et parfois du sang rouge. Une atteinte de l’intestin grêle produit plutôt des selles abondantes, une perte de poids et, à terme, une dénutrition.

Une selle molle isolée chez un chat en forme se surveille. Une diarrhée répétée accompagnée d’un changement d’état général ne doit pas attendre.

Les causes de diarrhée à vérifier, des plus fréquentes aux plus graves

Un changement alimentaire ou un aliment mal toléré

Un passage brutal d’une alimentation à une autre perturbe le microbiote intestinal. Une transition devrait s’étaler sur 7 à 10 jours, en augmentant progressivement la part du nouvel aliment. Une ration trop riche, du lait, des restes de table, une proie ou un aliment avarié provoquent aussi des selles liquides.

Une intolérance alimentaire apparaît parfois après plusieurs mois d’exposition. Certaines protéines, graisses ou fibres deviennent alors difficiles à digérer. La diarrhée est souvent récurrente et peut s’accompagner de gaz, de vomissements ou de démangeaisons. Le diagnostic repose sur un régime d’éviction vétérinaire suivi strictement pendant 6 à 8 semaines.

Le stress et les modifications du territoire

Un déménagement, l’arrivée d’un animal, des travaux, une pension ou un conflit entre chats modifient le transit. Le stress stimule le côlon et entraîne des selles molles, parfois couvertes de mucus. L’animal reste souvent alerte et conserve son appétit.

Il faut alors restaurer des repères stables : repas à heures régulières, zones de repos accessibles et litières propres. Pour plusieurs chats, prévoyons idéalement une litière par chat, plus une supplémentaire, placées dans des endroits calmes et séparés.

Les parasites intestinaux

Les ascaris, ankylostomes, Giardia et coccidies sont fréquents chez les chatons, les chats vivant en collectivité et ceux qui sortent. La diarrhée peut être intermittente, malodorante ou glaireuse. Un ventre gonflé, un pelage terne et un retard de croissance orientent aussi vers une infestation.

Un vermifuge classique ne traite pas tous les protozoaires. Une analyse de selles devient donc utile lorsque la diarrhée persiste ou revient. Pour une giardiose confirmée, le vétérinaire utilise notamment du fenbendazole, souvent à 50 mg/kg une fois par jour pendant 5 jours. La dose et la durée doivent être adaptées au poids, à l’âge et à l’état du chat. Le nettoyage quotidien des litières et des surfaces limite les recontaminations.

Une infection ou un effet indésirable médicamenteux

Des virus et des bactéries provoquent des diarrhées aiguës, surtout chez les chatons non vaccinés ou les animaux vivant en groupe. Une fièvre, un abattement marqué, une déshydratation et des vomissements renforcent cette hypothèse. Les antibiotiques ne sont pas systématiques : ils perturbent aussi le microbiote et sont réservés à des indications précises.

Certains traitements, notamment les antibiotiques, les anti-inflammatoires et quelques antiparasitaires, modifient le transit. Si les symptômes commencent après la prise d’un médicament, il faut contacter le prescripteur sans arrêter ni modifier la dose de sa propre initiative.

Une maladie digestive chronique ou générale

Une diarrhée présente depuis plus de 2 à 3 semaines, même intermittente, oriente vers une entéropathie chronique, une maladie inflammatoire intestinale, une hyperthyroïdie, une insuffisance pancréatique ou un trouble du foie. Chez les chats de plus de 10 ans, l’hyperthyroïdie associe souvent selles molles, amaigrissement et appétit augmenté.

Une masse digestive, notamment un lymphome intestinal, fait aussi partie des causes recherchées lorsque le chat maigrit ou vomit régulièrement. Ces maladies nécessitent un bilan sanguin, une échographie abdominale et parfois des prélèvements digestifs.

Une intoxication ou un corps étranger

Les produits ménagers, plantes toxiques, médicaments humains, ficelles, rubans et petits objets peuvent provoquer diarrhée, vomissements et douleur abdominale. Un fil visible sous la langue ou sortant de l’anus ne doit jamais être tiré. Une occlusion ou une perforation digestive constitue une urgence.

Quels éléments observer dans les selles et le comportement ?

Notons l’heure de début, le nombre de selles, leur aspect et les éventuels changements alimentaires. Une photographie et un échantillon frais facilitent l’évaluation vétérinaire. Le prélèvement doit être placé dans un récipient propre, conservé au réfrigérateur et apporté idéalement en moins de 12 heures.

Le sang rouge vif vient souvent du côlon ou du rectum. Quelques stries peuvent apparaître après plusieurs efforts de défécation. Une quantité importante, des caillots ou des épisodes répétés imposent une consultation rapide. Des selles noires, brillantes et goudronneuses évoquent du sang digéré provenant de l’estomac ou de l’intestin grêle.

Surveillons aussi l’appétit, la consommation d’eau, les urines, les vomissements et l’activité. Les gencives doivent être humides et rosées. Des gencives sèches, des yeux enfoncés ou une peau qui revient lentement en place après avoir été soulevée suggèrent une déshydratation. Ce test cutané reste moins fiable chez les chats âgés ou très maigres.

Que faire concrètement à la maison ?

Maintenir l’alimentation et l’hydratation

Un chat ne doit pas subir un jeûne prolongé. Une privation de nourriture augmente le risque de lipidose hépatique, surtout chez un animal en surpoids. Si le chat ne vomit pas, proposons de petites portions digestes réparties en 4 à 6 repas sur la journée. Une alimentation humide favorise aussi l’apport d’eau.

Plusieurs bols larges, remplis d’eau fraîche et éloignés de la litière, encouragent la boisson. Un chat de 4 kg reçoit en moyenne autour de 160 à 240 ml d’eau par jour, eau contenue dans les aliments comprise. Une pâtée apporte déjà environ 70 à 80 % d’humidité.

Éviter les traitements improvisés

Ne donnons pas de lopéramide, de paracétamol, d’ibuprofène, d’aspirine ou de médicament restant dans la pharmacie familiale. Le paracétamol est particulièrement toxique chez le chat, même à faible dose. Les ralentisseurs du transit risquent d’aggraver une infection, une intoxication ou une occlusion.

Les pansements digestifs, probiotiques et vermifuges doivent être choisis selon le poids et la cause présumée. Multiplier les produits masque parfois l’évolution des symptômes sans traiter l’origine. Si une alimentation récente semble responsable, revenons à la ration auparavant bien tolérée, puis réalisons une transition progressive après normalisation des selles.

Renforcer l’hygiène sans stresser le chat

Retirons les selles dès leur émission et lavons le bac à l’eau chaude. Une litière souillée entretient les contaminations parasitaires et favorise les éliminations hors du bac. En présence de plusieurs animaux, utilisons une pelle par zone ou nettoyons-la après chaque usage. Lavons également les gamelles chaque jour.

Quand consulter un vétérinaire et dans quel délai ?

Situation observée Délai conseillé
Une ou deux selles molles, chat adulte actif, sans autre symptôme Surveillance pendant 24 heures
Diarrhée qui persiste plus de 24 à 48 heures ou revient régulièrement Consultation sous 24 heures
Chaton de moins de 4 mois, chat âgé, diabétique ou atteint d’une maladie rénale Avis vétérinaire dans la journée
Vomissements répétés, refus de boire ou de manger, fièvre, douleur, abattement Consultation le jour même
Selles noires, sang abondant, corps étranger, intoxication présumée, ventre gonflé Urgence sans attendre

Un chat qui ne mange plus depuis 24 heures doit être examiné, même si la diarrhée semble modérée. Chez un chaton, la déshydratation et l’hypoglycémie progressent en quelques heures. Un animal qui s’effondre, respire anormalement, tremble ou ne tient plus debout doit être conduit immédiatement dans une structure vétérinaire.

La température rectale normale d’un chat se situe autour de 38 à 39,2 °C. Une température supérieure à 39,5 °C ou inférieure à 37,8 °C, associée à une diarrhée et à un mauvais état général, justifie une prise en charge urgente. La mesure ne doit pas être tentée si le chat se débat ou présente une douleur.

Quels examens et quel budget prévoir en France en 2026 ?

Le vétérinaire commence par l’examen clinique : poids, température, hydratation, palpation abdominale et inspection de la bouche. Une consultation classique coûte généralement 40 à 65 €. Une consultation d’urgence, la nuit ou le week-end, se situe souvent entre 90 et 180 €, hors examens et traitements.

Une analyse parasitologique des selles revient autour de 25 à 80 €. Un bilan sanguin coûte environ 70 à 150 €, selon les paramètres étudiés. Une échographie abdominale se situe généralement entre 90 et 180 €. Si une perfusion et une surveillance sont nécessaires, l’hospitalisation représente souvent 100 à 250 € par jour, auxquels s’ajoutent les analyses et les médicaments.

Le choix des examens dépend de l’âge, de la durée des symptômes et de l’examen clinique. Une diarrhée aiguë sans signe général ne demande pas le même bilan qu’un amaigrissement évoluant depuis trois mois. Pour une diarrhée chronique, le vétérinaire recherche notamment une anomalie thyroïdienne, pancréatique, hépatique ou intestinale avant d’établir le traitement.

Ce qu’il faut retenir

  • Une selle molle isolée chez un chat actif se surveille pendant 24 heures.
  • Maintenons de petits repas et un accès permanent à l’eau.
  • Aucun médicament humain ne doit être administré.
  • Vomissements, sang abondant, abattement ou douleur imposent une consultation rapide.
  • Une diarrhée persistante ou récurrente nécessite d’en rechercher la cause.

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