Une diarrhée aiguë sans autre symptôme se résorbe souvent en 24 à 48 heures chez un chien adulte en bonne santé. L’état général, la présence de sang et la capacité à boire indiquent toutefois si une simple surveillance suffit ou si une consultation s’impose.
Pourquoi mon chien a la diarrhée et que faire tout de suite ?
Un chien a la diarrhée lorsque son intestin n’absorbe plus correctement l’eau ou accélère le transit. Les selles deviennent molles à liquides, plus fréquentes et parfois urgentes. La cause la plus courante reste un écart alimentaire : restes de table, poubelle explorée, aliment trop gras, friandises inhabituelles ou changement brutal de croquettes.
Face à un épisode isolé, il faut d’abord regarder le chien plutôt que ses selles. Un adulte qui reste vif, boit normalement, ne vomit pas et produit une ou deux selles molles peut être surveillé pendant 24 à 48 heures. L’accès à l’eau doit rester permanent. Les repas sont fractionnés et allégés.
À l’inverse, une diarrhée associée à un abattement, des vomissements répétés, une douleur abdominale, du sang abondant ou un refus de boire nécessite un avis vétérinaire rapide. Chez un chiot, un chien âgé ou un animal atteint d’une maladie chronique, le délai de surveillance doit être raccourci.
Une selle très liquide n’est pas toujours une urgence. Un chien abattu, déshydraté ou douloureux l’est davantage, même si la diarrhée semble modérée.
Les causes de diarrhée à vérifier du plus fréquent au plus préoccupant
Un écart alimentaire ou une transition trop rapide
Les chiens avalent facilement des aliments inadaptés : viande grasse, fromage, sauce, déchets, compost, os ou nourriture avariée. Une quantité inhabituelle suffit à irriter le tube digestif. Les selles apparaissent généralement dans les heures qui suivent et peuvent contenir du mucus.
Un changement de croquettes réalisé en un ou deux repas perturbe aussi le microbiote intestinal. Une transition alimentaire se déroule normalement sur 7 à 10 jours : 25 % du nouvel aliment au début, puis 50 %, 75 % et enfin 100 %. Un passage plus lent, sur 10 à 14 jours, convient mieux aux chiens sensibles.
Le stress et l’activité inhabituelle
Un trajet, une pension, un déménagement, une consultation ou l’arrivée d’un autre animal peuvent provoquer une colite de stress. Les selles sont alors fréquentes, émises en petite quantité, avec du mucus et parfois quelques traces de sang rouge vif. Le chien conserve souvent son appétit et son énergie.
Un effort intense juste après le repas ou une excitation prolongée accélèrent également le transit. L’amélioration survient généralement en moins de 48 heures lorsque le facteur déclenchant disparaît.
Les parasites digestifs
Les vers intestinaux et les protozoaires sont fréquents chez les chiots, les chiens vivant en collectivité ou ceux qui boivent dans des flaques. Giardia provoque souvent des selles molles, pâles, malodorantes et intermittentes. Les symptômes peuvent disparaître quelques jours puis revenir.
Un vermifuge donné au hasard ne traite pas tous les parasites. L’analyse d’un échantillon de selles frais permet d’orienter le traitement. Un prélèvement de moins de 12 heures, conservé au réfrigérateur dans un récipient propre et fermé, facilite l’examen.
Les médicaments et les aliments mal tolérés
Certains antibiotiques, anti-inflammatoires ou traitements antiparasitaires modifient le transit. Une diarrhée apparue après le début d’une prescription doit être signalée au vétérinaire, sans arrêter le traitement de sa propre initiative.
Une intolérance alimentaire ou une entéropathie chronique est envisagée lorsque les troubles durent plus de trois semaines, récidivent ou s’accompagnent d’une perte de poids. Un aliment consommé depuis plusieurs années n’est pas automatiquement hors de cause : une réaction digestive peut apparaître progressivement.
Les maladies et urgences pouvant provoquer une diarrhée
Une infection virale ou bactérienne
La parvovirose concerne surtout les chiots non vaccinés ou incomplètement vaccinés. Elle entraîne souvent une diarrhée profuse, des vomissements, une forte baisse d’énergie et une déshydratation rapide. La présence de sang n’est pas systématique au début. Un chiot présentant ces signes doit être isolé des autres chiens et examiné sans attendre.
D’autres infections digestives surviennent après l’ingestion d’eau souillée, de viande crue ou de matières fécales. Elles peuvent aussi représenter un risque pour les personnes fragiles. Le lavage des mains et le ramassage immédiat des selles limitent la contamination.
Un corps étranger ou une intoxication
Un morceau de jouet, une chaussette, un noyau, un épi de maïs ou un fragment d’os peut obstruer partiellement l’intestin. La diarrhée n’exclut donc pas une occlusion. Des vomissements répétés, un ventre tendu, une position voûtée, une perte d’appétit ou l’absence progressive de selles renforcent cette hypothèse.
Les produits ménagers, raticides, médicaments humains, plantes toxiques et aliments dangereux peuvent provoquer des signes digestifs. Pour le chocolat, le risque dépend du type consommé et du poids du chien : le cacao noir est bien plus concentré que le chocolat au lait. En cas d’ingestion suspecte, il ne faut ni faire vomir le chien ni lui donner de lait, d’huile ou de charbon sans consigne vétérinaire.
Une pancréatite ou une maladie générale
Une pancréatite survient parfois après un repas très gras. Elle provoque une douleur abdominale, des vomissements, une perte d’appétit et parfois une diarrhée. Certains chiens prennent une posture caractéristique, avec l’avant du corps abaissé et l’arrière-train relevé.
Les maladies du foie, des reins, des glandes surrénales ou de l’intestin peuvent aussi modifier les selles. Une diarrhée chronique accompagnée d’amaigrissement, d’une soif accrue, d’un pelage terne ou d’une fatigue inhabituelle justifie un bilan clinique et sanguin.
Que donner à un chien qui a la diarrhée ?
Maintenir l’hydratation
Un chien consomme habituellement autour de 50 à 60 ml d’eau par kg et par jour, soit environ 1 à 1,2 litre pour un animal de 20 kg. Les pertes liées à la diarrhée augmentent ce besoin. L’eau fraîche doit rester accessible, dans plusieurs gamelles si nécessaire.
Il ne faut pas forcer de grandes quantités à la seringue : une fausse route est possible. Un chien qui vomit immédiatement après avoir bu, refuse l’eau pendant plusieurs heures ou présente des gencives sèches doit être examiné.
Fractionner une alimentation digeste
Chez un adulte vif qui ne vomit pas, une privation prolongée de nourriture n’apporte pas de bénéfice. Après une courte pause digestive de 6 à 8 heures au maximum, de petits repas peuvent être proposés. Cette pause ne convient pas aux chiots, aux chiens de moins de 2 kg, aux animaux diabétiques ou très affaiblis.
La ration doit être pauvre en matières grasses et très digeste. Elle peut être divisée en 4 à 6 petits repas sur la journée. Une ration ménagère temporaire à base de viande blanche cuite sans peau ni assaisonnement et de riz très cuit peut servir pendant 24 à 48 heures, mais elle n’est pas équilibrée pour une utilisation durable.
- Supprimer les friandises, restes, os, laitages et aliments gras.
- Donner de petites portions plutôt qu’un repas volumineux.
- Revenir progressivement à l’alimentation habituelle sur 3 à 5 jours après normalisation des selles.
- Noter le nombre de selles, leur aspect, l’appétit et les éventuels vomissements.
Éviter l’automédication
Les antidiarrhéiques humains ne doivent pas être administrés sans prescription. Le lopéramide expose certains chiens, notamment ceux porteurs d’une mutation du gène MDR1, à des effets neurologiques graves. Les races de type colley, berger australien, shetland ou berger blanc suisse sont davantage concernées.
Le paracétamol, l’ibuprofène et l’aspirine ne traitent pas la diarrhée et présentent un risque toxique ou hémorragique. Les pansements digestifs et probiotiques vétérinaires ont leur place dans certaines situations, mais leur dose dépend du produit, du poids et de la cause. Une posologie improvisée risque surtout de retarder le diagnostic.
Quand consulter un vétérinaire pour une diarrhée chez le chien ?
Le délai dépend de l’âge, de l’état général et des symptômes associés. Une diarrhée légère chez un adulte en forme autorise une surveillance courte. Une aggravation rapide ou un terrain fragile modifie immédiatement cette conduite.
| Situation observée | Délai conseillé |
|---|---|
| Abattement marqué, malaise, difficulté à se lever, ventre gonflé ou douleur intense | Urgence immédiate |
| Vomissements répétés, impossibilité de garder l’eau, suspicion de toxique ou de corps étranger | Dans les heures qui suivent |
| Selles noires goudronneuses ou quantité importante de sang rouge | Le jour même |
| Chiot de moins de 6 mois, chien de moins de 2 kg, animal âgé ou atteint d’une maladie chronique | Le jour même si la diarrhée se répète |
| Plus de 6 selles liquides en 12 heures, baisse d’appétit ou signes de déshydratation | Sous 24 heures |
| Chien adulte en forme, sans vomissement, mais diarrhée persistante | Consultation après 48 heures |
| Épisodes récurrents, amaigrissement ou selles anormales depuis plus de 3 semaines | Bilan programmé rapidement |
Les signes de déshydratation comprennent des gencives collantes, des yeux plus creux, une faiblesse inhabituelle et une diminution des urines. Le pli de peau est moins fiable chez les chiens âgés, obèses ou très maigres. Une température rectale normale se situe généralement entre 38 et 39 °C. Une température inférieure à 37,5 °C ou supérieure à 39,5 °C, associée à un mauvais état général, renforce le caractère urgent.
Lors de la consultation, le vétérinaire peut proposer une analyse de selles, une prise de sang, une radiographie ou une échographie. En France en 2026, une consultation classique coûte souvent 40 à 65 €. Une consultation d’urgence se situe fréquemment entre 90 et 160 €, hors examens et traitements. Une analyse parasitaire revient généralement à 25 à 60 €, un bilan sanguin à 70 à 160 € et une imagerie abdominale à 90 à 220 €.
Pour préparer le rendez-vous, il est utile d’apporter un échantillon de selles, la liste des traitements, la date du dernier vermifuge et du dernier vaccin, ainsi que les emballages de tout produit potentiellement ingéré. Une photo des selles aide également lorsque leur aspect change avant la consultation.
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Ce qu’il faut retenir
- Une diarrhée isolée chez un chien adulte en forme se surveille pendant 24 à 48 heures.
- L’eau reste disponible et les repas sont petits, digestes et pauvres en graisses.
- Le sang abondant, les vomissements, la douleur ou l’abattement imposent une consultation rapide.
- Un chiot, un petit chien ou un animal malade se déshydrate plus vite.
- Aucun médicament humain ne doit être donné sans prescription vétérinaire.





