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Pourquoi mon chien mange son caca (et celui du chat) ?

Famille Chien · carte 5/14
Portrait d'Antoine SelgarPar Antoine Selgar
Mis à jour le 22 septembre 2026 · 10 min de lecture

Environ 16 % des chiens mangent régulièrement des selles, et près d’un sur quatre l’a déjà fait au moins une fois. Ce comportement, appelé coprophagie, paraît répugnant à nos yeux, mais il répond le plus souvent à une logique alimentaire, exploratoire ou acquise.

Pourquoi mon chien mange son caca : ce que ce comportement signifie

Un chien mange généralement ses selles parce qu’elles restent attractives par leur odeur, qu’il a appris à les avaler rapidement ou qu’il y trouve une forme d’occupation. Chez le chiot, la coprophagie relève souvent de l’exploration. Chez l’adulte, elle se maintient surtout lorsque l’accès aux excréments est facile et que le comportement produit un bénéfice immédiat.

Les crottes du chat sont encore plus attirantes. L’alimentation féline, riche en protéines et en matières grasses, laisse dans les selles des composés odorants intéressants pour le chien. La litière ressemble alors à une réserve alimentaire accessible, surtout si elle se trouve dans une pièce calme.

Ce comportement ne traduit ni une volonté de provoquer, ni une vengeance, ni un problème de dominance. Une carence alimentaire reste également bien moins fréquente qu’une simple habitude. En revanche, une coprophagie apparue brutalement chez un chien adulte, associée à une faim excessive ou à une perte de poids, justifie un bilan vétérinaire.

Le point à retenir : le chien ne mange pas des selles pour défier son propriétaire. Il recommence parce qu’elles sont accessibles, attirantes ou parce que son organisme lui envoie un signal de faim anormal.

Les causes à vérifier, de la plus fréquente à la plus préoccupante

1. L’exploration du chiot et l’attraction pour les selles fraîches

Entre 2 et 8 mois, le chiot explore beaucoup avec sa bouche. Il goûte des feuilles, de la terre, des jouets et parfois des excréments. Le comportement régresse souvent avec la maturité, à condition de ne pas devenir une routine.

Les selles fraîches sont les plus recherchées. Elles contiennent encore des odeurs alimentaires et présentent une texture plus attractive. Une chienne allaitante nettoie aussi le nid en ingérant les déjections de ses petits pendant leurs premières semaines. Ce comportement maternel normal ne signifie pas que tous les chiens coprophages souffrent d’un trouble.

2. Une habitude renforcée par les réactions humaines

Un chien comprend vite qu’avaler une crotte déclenche une course-poursuite, des cris ou une tentative de récupération. Même négative, cette attention renforce parfois la séquence. Certains chiens apprennent aussi à engloutir la selle avant l’arrivée du propriétaire.

Une punition après un accident dans la maison aggrave le problème. Le chien n’associe pas la réprimande à un acte commis plusieurs minutes auparavant. Il apprend plutôt que la présence d’une selle près d’un humain annonce une situation désagréable. La faire disparaître devient alors une stratégie.

3. L’ennui, le stress ou un environnement trop pauvre

Un chien laissé longtemps dans un jardin, un chenil ou une pièce souillée dispose d’un accès répété à ses déjections. La coprophagie occupe quelques secondes, stimule l’odorat et rompt la monotonie. Elle apparaît aussi chez certains chiens très excités, anxieux ou fortement dépendants de l’attention humaine.

Un adulte a généralement besoin de sorties quotidiennes consacrées à la marche et au flair, et pas seulement d’un accès au jardin. Une promenade olfactive de 20 à 30 minutes apporte davantage qu’une succession de lancers de balle. Les besoins varient selon l’âge, la santé, le tempérament et le niveau d’activité.

4. Une ration insuffisante ou mal distribuée

Une ration trop petite, deux repas très espacés ou une dépense physique accrue entretiennent la faim. Le risque augmente après une baisse de ration improvisée pour faire maigrir le chien. Une alimentation complète peut aussi être donnée en quantité insuffisante lorsque les portions sont évaluées à l’œil.

La ration doit être pesée en grammes et ajustée au poids cible, à l’activité et à l’état corporel. Les friandises devraient représenter moins de 10 % de l’apport énergétique quotidien. Chez un chien très affamé, répartir la ration en deux ou trois repas réduit les longues périodes à jeun sans augmenter la quantité totale.

5. Une maladie digestive, hormonale ou parasitaire

Cette piste est moins courante, mais plus sérieuse. Les vers digestifs, une mauvaise assimilation des nutriments ou une maladie augmentant l’appétit favorisent la recherche de nourriture. Sont notamment concernés le diabète sucré, le syndrome de Cushing, certaines maladies intestinales et l’insuffisance pancréatique exocrine.

Cause possible Indices associés Niveau de vigilance
Habitude ou opportunisme Chien en forme, poids stable, selles normales Gestion et apprentissage
Ration insuffisante Faim marquée, amaigrissement ou ration non pesée Contrôle alimentaire sous quelques jours
Parasites intestinaux Diarrhée, ventre gonflé, croissance lente, pelage terne Analyse des selles et traitement ciblé
Malabsorption ou insuffisance pancréatique Selles volumineuses, pâles ou grasses, perte de poids malgré une forte faim Consultation rapide
Diabète ou trouble hormonal Soif accrue, urines abondantes, faim inhabituelle, modification du poids Bilan vétérinaire sous 48 à 72 heures

Comment empêcher un chien de manger ses crottes

Supprimer l’accès sans créer de conflit

La mesure la plus efficace consiste à ramasser immédiatement les selles. Pendant deux à quatre semaines, les sorties hygiéniques se font en laisse ou sous surveillance. Dès que le chien termine, il est rappelé sur quelques mètres et récompensé dans la seconde qui suit. La crotte est ensuite retirée sans agitation.

Courir vers le chien, crier ou tenter d’ouvrir sa gueule augmente la compétition. L’objectif est de rendre l’éloignement plus rentable que l’ingestion. Une récompense très appréciée, réservée à cet exercice, accélère l’apprentissage.

Enseigner un signal de renoncement

Le signal « tu laisses » se travaille d’abord loin des excréments. Une friandise est cachée dans une main fermée. Dès que le chien détourne le museau, une autre récompense est donnée avec l’autre main. Deux séances quotidiennes de 3 à 5 minutes suffisent. La difficulté augmente progressivement avec un aliment posé au sol, puis protégé par le pied.

En extérieur, une longe de 3 à 5 mètres sécurise l’exercice. Dans les lieux très souillés, une muselière panier correctement ajustée constitue une protection temporaire. Elle doit permettre de haleter, boire et ouvrir la gueule. Un espace de 1 à 2 cm devant la truffe évite les frottements. Une muselière en tissu fermant la bouche ne convient pas à la promenade.

Corriger la routine quotidienne

  • Peser chaque repas au lieu d’utiliser une estimation visuelle.
  • Répartir la ration en deux ou trois prises si le chien réclame entre les repas.
  • Prévoir chaque jour une activité de flair, une mastication adaptée et des temps de repos.
  • Ramasser les crottes une à deux fois par jour dans le jardin, et immédiatement si le chien les recherche.
  • Éviter les punitions, les poursuites et les manipulations forcées de la gueule.

L’ananas, les courgettes, le poivre et les poudres destinées à modifier le goût des selles donnent des résultats irréguliers. Ils ne remplacent ni la gestion de l’accès ni la recherche d’une cause médicale. Certains produits irritent aussi le tube digestif.

Pourquoi les crottes du chat attirent le chien et comment sécuriser la litière

Les selles félines sont souvent plus riches en résidus protéiques que celles d’un chien nourri avec un aliment équilibré. Leur odeur est donc très attractive. Le chien avale parfois de la litière en même temps. Une petite quantité minérale traverse souvent le tube digestif, mais une quantité importante de litière agglomérante expose à une constipation ou à une obstruction.

La solution consiste à rendre le bac accessible au chat et inaccessible au chien. Une barrière de 75 à 90 cm équipée d’un passage félin de 18 à 20 cm fonctionne avec un chien moyen ou grand. Elle ne suffit pas face à un petit chien. Dans ce cas, une pièce fermée par une chatière ou un meuble à litière stable offre une meilleure séparation. Un chat âgé, arthrosique ou en surpoids ne doit pas être obligé de sauter sur un support élevé.

Le bac est retiré des zones où le chien reste seul. Les selles sont enlevées une à deux fois par jour. La règle pratique reste un bac par chat, plus un bac supplémentaire, répartis dans des endroits calmes. Un nettoyage fréquent réduit l’intérêt du chien et évite que le chat délaisse une litière trop sale.

L’ingestion de selles expose aussi aux parasites digestifs et à certaines bactéries. Le risque augmente lorsque le chat sort, chasse ou consomme des proies. Après un épisode, aucune désinfection agressive de la gueule n’est nécessaire. Un peu d’eau peut être proposé, puis le chien est surveillé pendant 48 heures. Les léchages du visage sont évités jusqu’à ce que la gueule ait été naturellement rincée par la salivation et la boisson.

Quand consulter un vétérinaire et quels examens prévoir

Une consultation dans les 48 à 72 heures est indiquée lorsque la coprophagie débute soudainement chez un chien adulte, persiste malgré deux à trois semaines de gestion stricte ou s’accompagne d’une faim excessive. Une perte de poids, une soif accrue, des urines abondantes, des gaz importants ou des selles grasses orientent vers une cause organique.

Une consultation le jour même s’impose en cas de vomissements répétés, ventre gonflé ou douloureux, abattement marqué, sang dans les selles, impossibilité de déféquer ou ingestion d’une quantité notable de litière agglomérante. Chez un chiot de moins de 6 mois, une diarrhée abondante ou des vomissements justifient un avis dans la journée en raison du risque de déshydratation.

Le bilan commence par l’examen clinique, la vérification du poids et l’évaluation de la ration. Une analyse de selles coûte généralement entre 25 et 55 €, en plus d’une consultation de 40 à 70 € en France en 2026. Un bilan sanguin revient souvent entre 80 et 180 €. Des examens ciblant le pancréas ou l’absorption digestive ajoutent environ 50 à 120 € selon le laboratoire.

Un vermifuge ne doit pas être donné à répétition sur le seul constat de coprophagie. Le protocole dépend du parasite, de l’âge et du poids. À titre d’exemple, le fenbendazole est couramment prescrit à 50 mg/kg une fois par jour pendant 3 jours contre certains vers digestifs, et parfois pendant 5 jours dans des protocoles visant Giardia. La durée et la formulation sont validées par le vétérinaire. Le coût se situe souvent entre 8 et 25 € pour un traitement, selon le poids du chien.

Apporter un échantillon de selles fraîches facilite l’analyse. Il doit être placé dans un récipient propre, conservé au réfrigérateur sans être congelé et remis dans les 12 à 24 heures. Une liste des aliments, friandises, traitements et quantités quotidiennes aide aussi à distinguer un problème médical d’une ration mal ajustée.

Ce qu’il faut retenir

  • La coprophagie relève le plus souvent de l’opportunisme ou d’une habitude acquise.
  • Ramasser immédiatement et récompenser l’éloignement donnent les résultats les plus fiables.
  • La litière du chat doit être physiquement inaccessible au chien.
  • Une faim soudaine, une perte de poids ou des selles anormales imposent un bilan vétérinaire.
  • La punition augmente souvent la vitesse d’ingestion au lieu de régler le problème.

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