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Que mange une tortue de terre : le tableau des plantes

Famille Reptiles · carte 2/10
Portrait de Chloé BranekPar Chloé Branek
Mis à jour le 11 septembre 2026 · 10 min de lecture

Une tortue méditerranéenne reçoit idéalement plus de 90 % de sa ration sous forme d’herbes sauvages riches en fibres. Pissenlit, plantain, laiteron et mauve répondent bien mieux à ses besoins que la laitue, la tomate ou les fruits.

Que mange une tortue de terre au quotidien ?

Une tortue de terre méditerranéenne, comme la tortue d’Hermann, la tortue grecque ou la tortue des steppes, mange principalement des plantes sauvages feuillues, fibreuses et pauvres en calories. Son alimentation doit présenter un rapport calcium/phosphore supérieur à 1,5, avec un objectif proche de 2. Elle doit aussi rester pauvre en protéines, en sucres et en matières grasses.

La base de la ration comprend le pissenlit, le plantain, le laiteron, la mauve, le trèfle en quantité modérée, les feuilles d’hibiscus et certaines fanes non traitées. Une tortue installée dans un enclos extérieur bien planté doit pouvoir brouter elle-même. Ce comportement naturel favorise l’activité physique, l’usure du bec et une prise alimentaire progressive.

Les salades du commerce servent uniquement de complément lorsque les plantes sauvages manquent. La chicorée, la frisée et la scarole sont alors préférables à la laitue iceberg, très riche en eau et peu nutritive. Les fruits ne correspondent pas au régime habituel des tortues méditerranéennes.

La bonne ration ressemble à une prairie sèche et variée, pas à une assiette de salade composée.

Cette recommandation ne concerne pas toutes les espèces terrestres. Les tortues charbonnières et certaines tortues tropicales ont des besoins différents. Si l’espèce n’est pas identifiée avec certitude, le régime alimentaire doit être validé par un vétérinaire spécialisé en reptiles.

Tableau des plantes pour une tortue de terre

Une plante comestible n’a pas besoin d’être distribuée seule. La variété limite les excès de certains composés végétaux et améliore l’équilibre minéral. Les végétaux doivent être identifiés sans ambiguïté, cueillis loin des routes et exempts de pesticide, d’engrais ou de déjections animales.

Plante ou végétal Fréquence conseillée Intérêt et précautions
Pissenlit Très fréquent Feuilles et fleurs riches en calcium, adaptées à la base de la ration.
Plantain lancéolé ou majeur Très fréquent Riche en fibres, résistant et facile à cultiver dans un enclos.
Laiteron Très fréquent Bonne plante fourragère, à distribuer avec les feuilles et les tiges tendres.
Mauve Très fréquent Feuilles et fleurs bien acceptées, avec un profil minéral intéressant.
Feuilles et fleurs d’hibiscus Régulier Aliment varié et appétent, uniquement si la plante n’a reçu aucun traitement.
Ortie Régulier À faire flétrir ou sécher pour neutraliser les poils urticants.
Trèfle Occasionnel Plus riche en protéines végétales. À mélanger avec des herbes fibreuses.
Luzerne Occasionnel Riche en calcium mais aussi en protéines. Ne doit pas former la base du repas.
Feuilles de ronce Régulier Fibreuses et intéressantes, en choisissant de jeunes feuilles non polluées.
Fanes de radis ou de navet Occasionnel À intégrer dans un mélange, sans distribution quotidienne.
Chicorée, scarole, frisée En dépannage Solutions utiles en hiver ou en période de sécheresse, mais moins fibreuses que les plantes sauvages.
Mâche Occasionnel Appétente, mais trop tendre et trop peu fibreuse pour constituer une ration complète.
Épinard, blette, feuilles de betterave Rare ou à éviter Riches en oxalates, qui réduisent la disponibilité du calcium.
Chou, brocoli, chou-fleur Rare À proposer en petite quantité seulement, au sein d’un mélange varié.
Tomate, concombre Exceptionnel Très riches en eau et pauvres en fibres. Ils favorisent une ration déséquilibrée.
Fruits À éviter chez les espèces méditerranéennes Leur teneur en sucre perturbe la flore digestive et favorise les selles molles.

Les erreurs alimentaires à vérifier, de la plus fréquente à la plus grave

Une ration composée surtout de laitue et de tomate

C’est l’erreur la plus courante. Ces aliments hydratent, mais apportent peu de fibres et de calcium. Une tortue qui les reçoit chaque jour délaisse souvent les plantes plus coriaces. Le remplacement doit être progressif sur 7 à 10 jours, en mélangeant des herbes sauvages finement coupées aux aliments habituels.

Des fruits distribués chaque semaine

Fraise, melon, pomme, banane ou raisin sont très sucrés pour une tortue méditerranéenne. Leur consommation répétée favorise les fermentations digestives, les diarrhées et le déséquilibre du microbiote intestinal. Ils doivent être retirés de la ration courante plutôt que conservés comme récompense.

Un manque de fibres et de diversité

Une alimentation trop tendre ne sollicite pas assez le bec et accélère le transit. Elle augmente aussi le risque de sélection alimentaire. Une ration correcte réunit chaque jour au moins trois à cinq espèces végétales, avec une majorité de feuilles sauvages fibreuses.

Un apport en calcium insuffisant

Le déficit résulte souvent d’une ration pauvre, mais aussi d’une exposition inadéquate aux UVB. Le calcium ingéré est mal utilisé sans rayonnement adapté. Chez une jeune tortue, cette association favorise une carapace souple, une croissance irrégulière et une maladie métabolique osseuse. Chez l’adulte, elle fragilise le squelette et complique la formation des œufs.

Des aliments riches en protéines animales

Croquettes, viande, œuf, fromage et restes de table sont inadaptés aux tortues méditerranéennes. Ils surchargent les reins, accélèrent anormalement la croissance et favorisent des déformations de la carapace. Le pain, les pâtes et le riz n’ont pas davantage leur place dans la gamelle.

Composer une ration adaptée selon l’âge et la saison

Quantité et fréquence des repas

Une tortue active mange chaque jour pendant sa période d’activité. Pour un adulte de 1 kg, une base de 50 à 100 g de végétaux frais par jour constitue un repère, à ajuster selon la teneur en eau des plantes, la température, l’activité et la végétation disponible dans l’enclos. Une autre méthode consiste à proposer un volume de feuilles proche de celui de la carapace, sans les tasser.

Les jeunes tortues reçoivent la même composition alimentaire que les adultes. Les feuilles peuvent être coupées grossièrement si elles éprouvent des difficultés à les saisir. Elles ne doivent pas être hachées en purée. Les restes humides sont retirés en fin de journée pour éviter moisissures et insectes.

Calcium, eau et exposition aux UVB

Un os de seiche naturel, rincé et laissé à disposition, permet une prise volontaire de calcium tout en participant à l’usure du bec. Lorsque la ration manque de plantes riches en calcium, une fine pincée de carbonate de calcium sans phosphore peut être répartie sur les feuilles une à deux fois par semaine. Les compléments contenant de la vitamine D3 ne doivent pas être utilisés au hasard, car un surdosage devient toxique.

Une coupelle d’eau propre reste accessible en permanence. Elle doit être stable, peu profonde et assez large pour que la tortue y entre sans risque de noyade. Une profondeur de 1 à 2 cm convient généralement aux jeunes sujets, avec un niveau restant sous les narines lorsque la tête est au repos.

En extérieur, le soleil direct fournit des UVB, contrairement à une exposition derrière une vitre. En terrarium, une lampe UVB adaptée aux reptiles et remplacée selon sa durée d’efficacité est nécessaire. La distance entre la lampe et la carapace dépend du matériel utilisé et doit respecter les indications prévues pour le niveau d’UVB délivré.

Adapter la ration au fil des saisons

Au printemps, les jeunes pousses sont abondantes mais souvent riches en eau. Elles gagnent à être associées à des feuilles plus matures. En été, des plantes résistantes comme le plantain, la mauve, le pissenlit et les feuilles de ronce assurent la continuité. Des herbes sauvages peuvent aussi être séchées à plat, dans un lieu ventilé et ombragé, puis conservées plusieurs mois au sec.

Une tortue qui hiberne ne doit pas être nourrie pendant son sommeil. La reprise alimentaire survient normalement après le réchauffement et la réhydratation. Le transit doit être actif avant toute préparation à l’hibernation, selon un protocole adapté à l’espèce, à l’âge et à l’état de santé.

Plantes toxiques et aliments interdits

Certaines plantes de jardin provoquent des troubles digestifs, cardiaques ou neurologiques. Le laurier-rose, l’if, le muguet, la digitale, l’arum, le ricin, le datura, l’azalée, le rhododendron et plusieurs euphorbes doivent rester hors de l’enclos. Les bulbes de tulipe, de narcisse et de jacinthe sont également dangereux.

Une plante inconnue ne doit jamais être testée sur l’animal. Les végétaux issus d’une jardinerie sont écartés tant qu’un traitement pesticide reste possible. Après un achat, plusieurs semaines de culture sans produit chimique et le renouvellement des pousses réduisent le risque, sans garantir l’innocuité d’une espèce mal identifiée.

  • À exclure : viande, poisson, œuf, produits laitiers et croquettes.
  • À exclure : pain, biscuits, pâtes, riz et aliments salés.
  • À éviter : avocat, oignon, ail, pomme de terre et aliments transformés.
  • À limiter fortement : fruits, tomate, concombre et laitue iceberg.

En cas d’ingestion d’une plante toxique, il ne faut ni faire vomir la tortue ni administrer d’huile ou de lait. Les reptiles ne vomissent pas de manière contrôlable et les remèdes domestiques aggravent parfois l’état digestif. Un vétérinaire doit être contacté le jour même avec, si possible, un échantillon ou une photographie de la plante.

Une tortue qui ne mange plus : contrôles et délai vétérinaire

Quand une tortue refuse sa nourriture, la température constitue le premier point à contrôler. Pour une tortue d’Hermann active, la zone chaude se situe généralement autour de 30 à 32 °C, avec une zone plus fraîche vers 20 à 24 °C. Un animal maintenu trop froid digère mal et cesse souvent de s’alimenter.

Viennent ensuite un changement récent d’enclos, un transport, une alimentation monotone, un manque d’eau ou une phase saisonnière de ralentissement. L’éclairage UVB, la durée d’éclairement et l’accès à une cachette doivent également être vérifiés. Une femelle adulte qui cherche à creuser, marche sans repos et refuse de manger doit disposer d’une zone de ponte meuble et suffisamment profonde.

Les causes médicales comprennent les parasites digestifs, la stomatite, la rhinite, la pneumonie, l’occlusion, l’atteinte rénale et la rétention d’œufs. Une pesée hebdomadaire sur la même balance aide à repérer une perte discrète. Une baisse supérieure à 5 % du poids en un mois mérite un avis vétérinaire ; une perte proche de 10 % exige une consultation rapide.

Chez une jeune tortue active et maintenue à bonne température, un refus alimentaire de 48 heures justifie un appel au vétérinaire. Chez un adulte, une absence totale de prise alimentaire pendant 5 jours, hors préparation encadrée à l’hibernation, nécessite un examen. Une consultation le jour même s’impose en présence de respiration bouche ouverte, écoulement nasal, yeux fermés, faiblesse marquée, diarrhée persistante, sang dans les selles, prolapsus, carapace ramollie, traumatisme ou suspicion d’intoxication.

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Ce qu’il faut retenir

  • La ration repose sur des plantes sauvages variées, fibreuses et riches en calcium.
  • Pissenlit, plantain, laiteron et mauve conviennent aux repas réguliers.
  • Les fruits, protéines animales et restes de table sont écartés.
  • Eau propre, UVB et calcium conditionnent aussi la santé de la carapace.
  • Un refus alimentaire prolongé ou associé à d’autres symptômes exige un avis vétérinaire.

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